Les grands joueurs

Certains joueurs ont marqué l’histoire des échecs par leur talent exceptionnel. Voici ceux que le club vous invite à découvrir — ceux qui ont fait rêver des générations entières.

Gioachino Greco (1606-1634)

Pionnier italien et première superstar des échecs, il parcourait l’Europe en jouant contre les nobles, souvent à gage et avec handicap.

Ses manuscrits, publiés à titre posthume en 1665, sont le premier recueil de parties complètes de l’histoire : des attaques foudroyantes au roi qui annoncent le style « romantique ».

Gioachino Greco

François-André Danican Philidor (1726-1795)

Compositeur d’opéras le jour, génie des échecs le reste du temps, il réalisa en 1747 à Londres l’exploit de jouer deux parties à l’aveugle simultanément, une première absolue.

Son traité de 1749, où il affirme que « les pions sont l’âme des échecs », est resté un siècle durant l’ouvrage de référence.

François-André Danican Philidor

Paul Morphy (1837-1884)

Invincible en son temps, il écrasa les meilleurs joueurs d’Europe lors de sa tournée de 1858, dont le célèbre « coup de l’opéra » joué dans une loge parisienne face au duc de Brunswick.

Puis, à 22 ans, au sommet de sa gloire, il quitta purement et simplement les échecs pour devenir avocat.

Paul Morphy

José Raúl Capablanca (1888-1942)

Surnommé « la machine à jouer aux échecs », il aurait appris le jeu à 4 ans en regardant son père, qu’il batta dès le lendemain.

Il resta invaincu pendant huit ans (1916-1924) et perdit moins de 40 parties en toute sa carrière, avec un art de l’exploit qui tenait à sa maîtrise inégalée des finales.

José Raúl Capablanca

Alexandre Alekhine (1892-1946)

Champion du monde de 1927 à 1935 puis de 1937 à sa mort, il demeure le seul champion à avoir péri en titre, retrouvé inanimé en 1946 près d’un échiquier dans une chambre d’hôtel d’Estoril.

Joueur d’attaque redoutable, il a laissé son nom au « canon d’Alekhine », cette formation où dame et deux tours alignées étranglent la position adverse.

Alexandre Alekhine

Mikhaïl Botvinnik (1911-1995)

Ingénieur électricien de métier, il a dirigé l’école d’échecs soviétique et a été le mentor de Karpov, Kasparov et Kramnik.

Il préparait ses matchs comme des thèses, avec une rigueur scientifique qui a inventé la préparation moderne, et a même été un pionnier des échecs par ordinateur.

Mikhaïl Botvinnik

Mikhaïl Tal (1936-1992)

« Le magicien de Riga » sacrifiait des pièces non pas parce que c’était juste, mais parce que c’était beau — « il existe deux sortes de sacrifices : les correctes et les miennes », disait-il.

Devenu champion du monde en 1960 à 23 ans, il frappait par des combinaisons spectaculaires dont la justesse ne se révélait qu’à l’analyse.

Mikhaïl Tal

Bobby Fischer (1943-2008)

Pour atteindre son titre en 1972, il balaya Taimanov et Larsen par le score incroyable de 6-0, avant de dominer Petrossian puis Spassky à Reykjavik au cœur de la guerre froide.

Paranoïaque et insaisissable, il refusa de défendre sa couronne en 1975 et disparut des échecs à 32 ans, au sommet.

Bobby Fischer

Anatoli Karpov (né en 1951)

« Le python » ou « le boa constricteur » : il étranglait lentement les positions adverses par une précision positionnelle sans pitié.

Son duel avec Kasparov de 1984 à 1990 — cinq matchs et près de 150 parties, dont un premier match interrompu après cinq mois — reste la plus longue rivalité de l’histoire.

Anatoli Karpov

Garry Kasparov (né en 1963)

Devenu à 22 ans le plus jeune champion du monde de l’histoire en 1985, il resta numéro 1 mondial pendant plus de vingt ans et marqua son époque par un jeu d’attaque dynamique d’une énergie rarement égalée.

Il fut aussi le premier champion du monde en titre à perdre un match contre une machine, face à Deep Blue en 1997.

Garry Kasparov

Judit Polgar (née en 1976)

Fruit d’une expérience pédagogique familiale, elle devint en 1991 la plus jeune grand-maître de l’histoire, battant le record de Fischer, et a toujours refusé de jouer les tournois féminins.

Elle a battu onze champions du monde, actuels ou passés, dont Kasparov en 2002 — un palmarès d’autant plus remarquable qu’elle n’a jamais eu l’occasion de jouer un match pour le titre mondial.

Judit Polgar

Magnus Carlsen (né en 1990)

Grand-maître à 13 ans, il tenait déjà Kasparov en échec la même année dans une partie rapide.

Avec son record Elo de 2882, une série de 125 parties sans défaite et un jeu fait de compression lente plutôt que d’éclat, il domine les trois cadences et règne sur le jeu comme personne depuis Capablanca.

Magnus Carlsen